Après tout, Pourquoi pas ?

Moi en mieux je suis avocate, protectrice de la veuve, de l’orphelin et des causes perdues. Ou alors je suis astronaute en première ligne dans la conquête de l’Espace ! Les pieds sur terre mais la tête dans les étoiles, c’est fini : voie lactée me voici toute entière.
Tellement sûre de moi, tellement douée que je peux être ce que je veux, je choisirais sûrement, pour finir, par être tout autre chose et pourquoi pas : troubadour (enfin trobairitz puisque je suis une femme).

Quoiqu’il en soit me voilà, je suis un troubadour moderne. Je vais de ville en village le cœur léger avec pour simple effet personnel mon nécessaire de voyage, des histoires et des idéaux plein la tête. Car je me suis fixé un objectif : découvrir le monde en en profitant pour raconter mes histoires et faire voyager loin des tracas du quotidien ceux qui veulent bien les entendre.
Car moi troubadour j’ai enfin plus de courage, j’ai moins peur. Je ne suis pas « sans peur » juste un peu plus téméraire : j’ose. J’ose affronter le regard des gens, je me sens mieux. J’oublie que j’ai été éduquée comme étant un agneau parmi les loups qui doit fuir ou se cacher pour espérer simplement survivre. Au contraire je sais que même moi qui suis loin des canons de beauté et d’intelligence de notre société, j’y ai ma place : je dois juste agir pour me faire cette place.
Certes, le monde est parfois cruel, la vie souvent injuste mais elle est tellement belle quand arrive ces instants magiques qui vous font vibrer le cœur, quitter les pieds du sol. Chacun connaît ces moments d’infini bonheur : moments simples entre amis, en famille, instant de contemplation devant les merveilles de la nature, les créations humaines etc. Je ne vais pas m’éterniser, nous avons tous notre idée du bonheur et moi je sais, enfin, qu’il est aussi à ma portée.
Je me fais une place à ma manière avec mes qualités et mes défauts. Je travaille sur moi-même pour devenir meilleure. Même moi qui, encore maintenant, suis blessée par un manque d’amour parental, j’ai le droit d’être aimée et d’aimer. Et pour ce faire, en tous cas pour le moment, j’erre.
Je vais, peut être pas tout de suite de part le monde, mais déjà de part la France et quelques pays limitrophes conter des histoires emplies de rêves et de messages d’espoir. Car je suis une rêveuse … J’ai toujours été ainsi. Je crois que ça je ne pourrais pas le changer d’ailleurs je n’en ai pas envie, mais je fais attention ! Car comme je l’ai dit, le monde est parfois cruel et j’apprends. J’apprends que même pour un troubadour qui ne veut rien d’autre que faire sourire et rire les grands et les petits, le danger est bien présent. Car, quand quelqu’un qui n’a auparavant jamais, ou très peu, osé affronter le monde se décide à partir sur les routes à la rencontre des autres mais aussi de soi même c’est effrayant, insécurisant : l’inconnu fait peur, comme la vie quelque part …
Ma nouvelle façon de vivre m’apporte aussi beaucoup : Fini de vivre en se disant « Que va-t-on penser de moi si je dis ce que je donne mon point de vue ? » « Je ne veux pas qu’ils se moquent de moi … Mieux vaut me taire » « Quelle importance de toute manière … Laisse tomber » Terminé d’être oubliée une fois le service rendu ou de n’exister qu’en cas de nécessité.
Car, comme tout troubadour j’ai un excellent contact humain et je suis appréciée. J’aime faire des rencontres parler aux gens mais pas seulement. Je veux aussi les écouter, pouvoir échanger avec eux : avis, idées, rêves, espoirs, déceptions …
Ma vocation, car il n’est plus possible d’appeler cela un métier, est d’être présent pour tous mais en existant moi aussi. Je ne veux pour autant m’immiscer dans l’intimité des personnes. La vie de troubadour est faite de rencontres qui sont souvent éphémère car nous ne restons jamais bien longtemps au même endroit. Nous arrivons sur une place et commençons alors par essayer d’attirer l’attention des passants via, non pas des pitreries le troubadour n’est pas un baladin, mais par notre musique et nos paroles. Se faire remarquer n’est pas le plus compliqué pour nous, nous avons tous notre accroche : une chanson, une musique, une façon d’interpeller plus ou moins subtilement notre public en devenir.
Avant et même au début, me lancer été difficile toutes les parties de mon corps tremblaient sans exception, mon cœur battait la chamade, je devenais rouge pivoine quand enfin quelqu’un s’arrêtait pour écouter mes compositions. Mais cela est fini, ma voix tremblante a pris de l’assurance, le sourire sur mon visage n’est plus crispé par l’angoisse mais emprunt de quiétude et d’un appel au partage.
Nous n’attendons pas la foule des grands jours bien sur pour continuer. Une fois lancé, qui a commencé à nous écouter, même s’il est le seul, à d’office gagné le droit de bénéficier intégralement de son voyage vers ou les rêves et les exploits glorieux n’ont pas de limites autres que celle de l’imagination.
Chacun de nos spectateurs doit bien le retenir : il est à nos yeux uniques, toute notre attention lui est accordée et nous veillons, durant l’intégralité de la déclamation de nos contes, mélodie, chants. Nous surveillons, nous cherchons le résultat que nous escomptons : voir si la magie opère, si des yeux se mettent à pétiller, des visages à se dérider. Et quand tout particulièrement notre regard croise des yeux embués par les larmes, un sourire triste, un front plissé par l’anxiété nous nous attachions encore plus à ses réactions, quitte à modifier notre récit, afin de lui faire oublier les causes de son mal être, ne serait-ce qu’un court moment. Redonner rien qu’une once d’espoir, un brin de courage dans les instants pénible voilà pourquoi j’agis, pourquoi je vis.
Je ne resterais jamais bien longtemps dans un même lieu : pour être un bon troubadour il faut être nomade, aller à la rencontre des autres, s’imprégner de la culture de tous, apprendre les folklores et avancer. Aller de l’avant pour se faire connaitre, même discrètement, mais sûrement telle une rumeur qui enfle doucement dans le temps.

Mais plus j’y pense et plus cette vie de nomade décrieur de contes et vendeur de rêves n’aurait pas de sens si je ne la partageais pas avec quelqu’un. Et ce quelqu’un c’est Toi à qui je pense maintenant. Car, il faut bien l’avouer, c’est Toi qui me rends meilleure. Et même si ca te coûte de l’admettre toi le rationnel, toi mon cher et tendre qui ne jure que par la logique, le clair, la précision, tu sais que, sans mes élans de rêveries je te ferais pas autant fondre. Je n’aurais sans doute jamais la possibilité ni le réel envie de partir sur la route de manière définitive, mes rêves ont la folie des grandeurs et ne sont pas intégralement réalisables. Cependant, avec Toi, grâce à Toi, je crois enfin réellement que mes rêves, mes aspirations peuvent ne plus être juste des rêves. Ta présence, ton soutien, tes moqueries, ton sourire tous cela me donne plus que tous l’envie d’avancer, d’oser, de m’améliorer.
Une dépendance ? Non juste des Envies : celle de tout partager avec Toi comme tu le fais avec moi. Celle de me libérer de ses angoisses qui me tiraille. Celle d’être une personne dont tu seras fier et que je serais fière d’être.

Alors, je poursuis la réalisation de mon vœu en posant ces lignes qui elles voyageront pour moi, pour Toi, pour Vous. Et je n’oublie pas qu’un troubadour sans amour est, à mon sens, aussi utile qu’un clown triste et il en va de même comme toute création sans amour d’ailleurs.

Isabelle P.

présentation

Bonjour, je suis une rêveuse que des études "sérieuses" n'ont pas réussi à changer. J'adore les romans de science fiction: mon auteur préféré est Isaac Asimov. Mais j'aime aussi savourer un bon roman policier, un thriller et des mangas.